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 Une journée ordinaire, une famille comme les autres * Belle Redrose * Flash-back

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Adam Redrose


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MessageSujet: Une journée ordinaire, une famille comme les autres * Belle Redrose * Flash-back   Lun 11 Jan - 13:00

Note HRP: ce flash-back a lieu peu avant la rencontre entre Belle et Lumière, le matin-même peut-être

Il était sept heures et demie du matin, et le soleil levait tranquillement ses rayons sur New York enneigé. A cette heure-ci tous les habitants de la métropole sortaient travailler où était sur le point de le faire, particulièrement dans le paisible quartier de Brooklyn qui était le bastion de la classe moyenne. Tous ? Enfin presque…

Un sympathique appartement bon marché, relativement bien situé, dans l’un des quartiers les plus respectables de New York. Le logement d’une famille de la classe moyenne sans histoire. Pourtant quiconque ayant eu la curiosité de regarder à l’intérieur des fenêtres aurait pu y contempler un désordre tel que la Création en avait peu connu. Dans la petite cuisine au sol de marbre blanc et aux murs couverts de tableaux floraux, le sol était encombré de bouteilles de bières vides ou à moitié, ainsi que de taches noires d’aliments écrasés ou de bouts de papiers. Sur la petite table s’amoncelaient pêle-mêle briques de jus de fruit, bols et verres usagés, paquets de céréales ouverts… Le frigidaire était légèrement entrouvert, laissant s’échapper le froid. En suivant les traces de pantoufles qui tapissaient le sol, on aboutissait sur un petit salon tout ce qu’il y avait de plus ordinaire, entre une télévision bon marché, un canapé à deux places, un radiateur, des tableaux de paysages… si ce n’est que sur le canapé se tenait affalé, emmitouflé dans une robe de chambre orange, des écouteurs aux oreilles, ses yeux bleus fixant le plafond d’un air captivé, le maître de maison. Quiconque passant par-là aurait pu le croire endormi, si ce n’était les yeux ouverts, tant il était immobile. Mais brusquement le voilà qui se redresse et , laissant les écouteurs de côtés, s’empare d’un instrument de musique qui se tenait posé au pied du canapé. Le plus incongru des instruments : un xylophone pour les enfants.

Tin tin tin-tin tin tin-tin tin… Les vibrations puissantes de l’instrument mal accordé se laissent entendre encore plusieurs secondes, tandis que l’homme reste immobile, son regard se portant sur les différentes parties du salon comme pour capturer quelques notes égarées. Puis il laisse échapper un soupir tout en reposant un rien brusquement l’instrument par terre.

-Rien à faire, ça ne vient pas, ça ne vient pas.

Celui qui fut autrefois le Prince Adam se leva de son canapé et, les mains jointes derrière le dos comme un commandant en inspection, se mit à tourner en rond autour de la pièce. Lorsqu’il fut arrivé devant le miroir il s’arrêta un moment, et soupira de nouveau en réalisant à quel point il faisait peine à voir. Belle lui reprochait d’être en train de redevenir La Bête en tout si ce n’était pour le physique ; mais même ce point demeurait ouvert à discussion à mesure que sa barbe s’épaississait et devenait hirsute, de même que ses cheveux, tandis que ses horaires de passages à la douche se faisaient flexibles et qu’il conservait les mêmes vêtements plusieurs jours d’affilée. Ses yeux étaient las, et des poches de fatigues commençaient à se former. Sa robe de chambre orange et jaune était usagée, et même de l’époque d’où il venait on l’aurait considérée comme démodée et criarde.
Il était fatigué et usé, certes. Mais comment pourrait-il en être autrement quand il s’était réveillé en sursaut à trois heures du matin et s’était précipité dans le salon pour écouter de la musique contemporaine et tester ses partitions sur un xylophone ? L’inspiration était une maîtresse exigeante, elle pouvait s’emparer de lui à n’importe-quel moment de la journée ou de la nuit sans aucune considération pour lui-même ou pour son entourage. En l’occurrence il se prit à se demander comment Belle avait accepté que son mari joue avec un instrument de musique bruyant pendant la moitié de la nuit, alors qu’elle-même devait travailler aujourd’hui.
C’était la première fois depuis des heures qu’il pensait au bien-être de son épouse et non à ses propres intérêts, lui chuchota d’un ton accusateur sa bonne conscience depuis les tréfonds de son esprit.

Avec un grognement et un brusque geste de la main droit, comme pour balayer le flot continu et incohérent de ses pensées, Adam se tourna du miroir et s’affala de nouveau sur le canapé. Il jeta un coup d’œil à ses partitions griffonnées à la va-vite, entre deux écoutes de musique contemporaine et deux essais au xylophone. Il y avait encore du travail, mais il avait l’impression de tenir quelque-chose. Il avait conscience d’être dans l’excès, mais il ne pouvait pas revenir en arrière. La musique était son repère, sa seule raison d’être dans ce nouveau monde. Avec Belle et la lecture, bien sûr. Il n’aimait rien de ce monde étrange dans lequel on l’avait transporté : ces bâtiments gris et froids hauts comme des montagnes, ces rues bruyantes et agitées où l’on risquait de se faire tuer en traversant simplement la route, ces gens superficiels, hypocrites et matérialiste… Comment lui, Adam, qui avait passé plus de dix années de sa vie sous les traits d’un monstre et isolé du monde, et qui venait à peine de trouver la rédemption grâce à Belle, pouvait prendre le fait d’être catapulté sans autre forme de procès dans ce monde-là ? Qu’avait-il fait à la Providence à la fin pour mériter cela ? A quel jeu sournois jouait l’Enchanteresse ?

Dans ce contexte difficile, les démons tapis au fond de son âme –égoïsme, arrogance, mais aussi tristesse et dépression- et qui avait constitué la personnalité de La Bête refaisaient brutalement surface. Tandis que Belle faisait des efforts pour s’intégrer dans ce nouveau monde, se faisait des amis et travaillait pour faire vivre leur couple, lui se repliait dans son monde intérieur, passant ses journées à composer, à lire ou à errer comme une âme en peine dans la maison. Mais il restait en lui une part du Prince Adam, qui s’indignait de ce qu’il infligeait à son épouse. A la seule qui avait été capable de voir au-delà des apparences et de l’aimer tel qu’il était. A celle qui l’avait tiré de son enfer, et qui le portait à bout de bras dans ce monde inconnu. Ce conflit intérieur aggravait l’humeur maussade de l’ancien Prince, et ne favorisait pas son ouverture aux autres. Un sourire à la fois triste et ironique apparut sur son visage alors qu’il se remémora ce moment où un policier était venu voir Belle à la sortie de son magasin, pour l’informer que la loi de l’Etat de New York interdisait d’héberger des vagabonds chez soi sans une autorisation préalable de la mairie. La pauvre avait été bien en peine d’expliquer que le vagabond en question était son mari, qui souffrait d’une grave maladie. Ce qui n’était qu’à moitié faux au demeurant… Le sourire d’Adam s’évanouit aussitôt.

Tin tin tin-tin… Adam s’était remis à jouer au xylophone lorsque des bruits de pas fermes et décidés en provenance des escaliers tirèrent Adam de son monde intérieur. Un sourire éclaira son visage à l’idée que Belle, son dernier rayon de soleil, descende enfin le rejoindre. La bouche encore en train de mastiquer les brownies, il ne put s’empêcher de lâcher :

-Good morning, ma chérie ! Bien dormi ? Décidément tu devrais écouter ce morceau, ces gens-là ne connaissent rien à la musique. J’en viendrais presque à regretter Maestro Forte, vois-tu. Tout psychopathe meurtrier qu’il était, celui-là au moins avait le sens de la mélodie !
Au passage tu peux me ramener une bière s’il te plait ? Je crois qu’il en reste une dans le frigidaire.


Une discrète voix dans les fin-fonds de son esprit lui chuchota « un orage approche, tu es sur la glace qui craque ! ». Mais Adam en arrivait à un tel stade d’égocentrisme que, malgré ses sentiments pour Belle, il ne pouvait concevoir que cette dernière ne puisse pas s’accommoder de son attitude.

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Belle Redrose


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MessageSujet: Re: Une journée ordinaire, une famille comme les autres * Belle Redrose * Flash-back   Lun 18 Jan - 21:40


Where’s all that happiness ?

Adam & Belle

L’appartement dont nous avions hérité dans notre malheur n’était sans doute pas le pire. Bien situé, relativement grand, lumineux et chaleureusement décoré. Oui, nous aurions pu tomber sur pire, voire même sur rien du tout. Et puis, j’avais une situation correcte, un salaire à la fin du mois, de quoi remplir nos assiettes et garder un toit sur notre tête. Nous étions loin du confort du château bien sûr, loin du bonheur de notre monde, de nos amis… Mais là aussi nous avions de la chance : nous étions tous les deux, mariés et vraisemblablement plutôt heureux. Où du moins c’est ce que semblait montrer les photos installées un peu partout dans l’appartement. Une belle photo de notre mariage, des photos de voyages avec de beaux paysages… Je n’ai pas le moindre souvenir de tout ça, aucune idée de ce qui a pu se passer et surtout pourquoi tout semble aussi triste aujourd’hui.

Car, depuis la malédiction, nous n’avons plus fait ce genre de photos. Et ce n’est pas seulement parce que nous ne savons pas encore comment en faire, c’est surtout parce que nous n’en avons pas eu envie. Adam n’a pas eu la même chance que moi : il n’a pas de travail et donc peu de contacts avec l’extérieur. Il passe beaucoup de temps chez nous, entouré de papiers déchirés, trouvant difficilement l’inspiration. J’aimerai pouvoir l’aider mais la musique n’est pas ma spécialité, loin de là… Et ce stupide alcool ! Nous connaissons déjà ça bien sûr, notre monde l’avait aussi inventé mais je pense qu’il était moins malicieux, moins sournois… Ici il vous ronge, il vous rend dépendant et insupportable. Et Adam est tombé dans ses griffes comme j’étais tombé dans celles de la Bête jadis…

Et le pire la dedans c’est que j’étais sûrement aussi responsable que ce liquide diabolique… J’étais peu présente à cause de mon travail, peu compréhensive car je ne pouvais pas réellement me mettre à sa place. Comment imaginer sa détresse, même avec la meilleure volonté du monde ! Je pouvais compatir oui, lui dire que j’étais désolée, que j’étais là, mais à quoi bon ? Ma présence n’était pas utile, j’étais presque un poids pour lui. Je voulais être sa muse, son inspiration, mais visiblement ce n’était pas le cas, j’étais juste là pour lui rappeler qu’il n’avait pas de travail, qu’il n’avait pas d’inspiration… Je m’en voulais atrocement pour tout mais je ne savais pas quoi faire de plus et il ne semblait pas réellement vouloir m’aider non plus. Sur des petits détails souvent, mais il ne semble pas réellement faire d’efforts, comme en témoigne ce matin, un de plus.

La nuit avait été difficile, comme presque toutes les autres : A penser à la malédiction, à rêver de notre monde, à cauchemarder que je perdais Adam, que mon père n’était plus… Depuis notre arrivée, je dormais peu en réalité et ça n’aidait sûrement pas. Nous étions fatigués, perdus, inquiets… Et puis j’avais la boutique, beaucoup de pression, de stress pour comprendre tous les rouages et pour maintenir le budget à flot. Il ne m’aidait pas pour ça non plus et je pense que je lui en voulais un peu au fond… C’était une situation compliquée et visiblement sans fin, sans fin tant que nous n’aurons pas trouvé l’explication à tout ça, tant que la malédiction ne nous quittera pas. Ce matin, comme trop d’autres, je me levais en trébuchant sur des papiers.

Il faisait froid dans la cuisine, le frigo était ouvert et l’appartement était dans un état pitoyable. Adam n’avait sûrement pas dormit non plus, trop concentré sur sa bière et ses partitions stériles… Je soupire, tentant de passer outre. La porte du frigo se ferme sous mes doigts glacés par la fatigue. Plus de café, il faut encore que je fasse des courses. Pourquoi les choses disparaissent aussi vite ici ?! Bien décidé à commencer ma journée sur une note plus positive, je me dirige vers le salon pour prendre mon sac, espérant trouver mon époux endormi sur le canapé. Mais c’est sans compter sur le son atroce de son instrument diabolique. Mes poings se serrent mais je reste calme. Un peu de jus de fruit fera sûrement l’affaire n’est-ce pas ? Un texto à Mégara pour savoir notre café traditionnel est toujours d’actualité. Oui, j’ai appris quelques petites choses sur le téléphone mais je suis loin d’être une professionnelle.

Je soupire à nouveau, me crispant un peu plus en entendant encore ces notes atroces. Adam est pourtant doué, mais pas avec ça, personne n’est doué avec cette horreur ! Un coup d’œil à ma montre m’indique que je ne peux pas laisser mon sac dans le salon plus longtemps si je ne veux pas être en retard… Mais la fatigue me ronge, mes nerfs sont à vifs. Entrer dans la pièce est risqué car si Adam redevient la Bête je ne suis sûrement pas très loin d’elle non plus. Plus impulsive, moins patiente, surtout avec lui en fait. Plusieurs inspirations profondes, quelques secondes les yeux fermés et j’étais prête à entrer dans l’arène. Il fallait juste qu’il joue le jeu, qu’il ne fasse pas de commentaire étrange, qu’il ne s’énerve pas avant moi. Courage, fuyons.

L’évocation de Mastro Forte aurait pu me rendre folle, cet… Chose était un danger qui avait tenté le pire sur nous mais… Je crois que le pire était la bière aussi tôt le matin. L’envie de commencer tout de suite par ça, la déchéance et ce sourire en coin, cet air innocent. Il ne réalise donc pas que cette horreur ne fait qu’empirer sa situation ? Il ne réalise pas que ça ne mène à rien ? Et tout cela fait que notre couple n’a plus rien d’un couple. Je dors seule dans notre grand lit, il n’y a plus de tendresse entre nous… J’ai soudain envie de pleurer en sentant mon cœur se briser dans ma poitrine. Comment peut-il agir de la sorte ? Ne pas voir que j’ai beaucoup de choses à gérer et aucune aide de sa part ? Comment peut-il boire à ce point ? Se laisser aller comme ça ? Où est l’homme amoureux ? L’homme prêt à se battre pour moi ? Nous sommes tous les deux à blâmer mais aujourd’hui je n’ai plus le courage de prendre tout sur moi.

    « Sérieusement ?! Il est neuf heures du matin et tu es déjà entrain de boire ? Et l’appartement ? Il était propre quand je me suis couchée et là… Là c’est trop Adam ! Je ne peux pas vivre comme ça ! Tu sais combien coûte ce qu’ils appellent l’électricité ? Tu sais que tout le contenu du frigo est à jeter à cause de toi ? Je comprends que ce soit difficile pour toi mais tu ne m’aides pas non plus. »


Les larmes sont proches, mes poings toujours serrés. Je sais que c’est un peu cru et ce n’est pas notre première dispute mais… Je n’aime pas ça, je déteste ça. En regardant son visage, malgré toute la colère, malgré la fatigue, j’aime cet homme plus que ma propre vie. Je suis autant fâchée par lui que par mon incompétence à l’aider. C’est un cercle vicieux et j’ai vraiment peur qu’il ne se termine pas bien du tout pour nous…
© Grey WIND.


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Adam Redrose


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MessageSujet: Re: Une journée ordinaire, une famille comme les autres * Belle Redrose * Flash-back   Dim 24 Jan - 23:57

En sentant les pas serrés et menaçants de Belle se rapprocher de lui, Adam s'alarma brusquement et s'attendit à une explosion de colère. Il s'attendit à ce que sa femme lui arrache son xylophone et le fracasse contre le sol de marbre. Mais il n'en fut rien... et c'est le coeur du prince qui se fracassa en entendant la voix brisée, épuisée de Belle. Il se retourna vers elle, son sourire évanouit comme par enchantement, les sirènes de l'alcool momentanément silencieuses. Droite comme un I, les poings serrés, la jeune femme semblait au bord des larmes. Il réalisa qu'une explosion de colère aurait paradoxalement été plus facile à supporter pour lui. Tout à son laisser-aller, il comptait en fait sur son épouse pour le secouer, le reprendre en main et lui indiquer le droit chemin. Sa détermination était l'un des traits de caractère de Belle qu'il avait toujours le plus apprécié. Mais la pauvre était aussi un être humain, avec ses faiblesses et ses limites... en la voyant dans cet état Adam sentit son cœur être arraché de sa poitrine.

Plus tard il ne se souviendrait plus de quelle impulsion l'avait poussé à faire cela. C'est comme si il était dans un état second. L'alcool, le manque de sommeil ? Peut-être. Le fait est qu'il se leva de son canapé et qu'il s'avança vers Belle, ses pantoufles collant au sol à cause de la bière renversée. Le fait est que, sans quitter sa femme des yeux, il se plaça juste devant elle, et du revers de la main droit se mit à caresser délicatement les mèches de cheveux bruns qui tombaient en cascade sur son front. La sensation était étrangement douce, et très relaxante. Il avait toujours aimé les cheveux de Belle, il ne savait trop pourquoi. Pendant tout cet instant, les yeux on ne peut plus sérieux et éveillés, il ne cessait de fixer les beaux yeux marrons de son épouse. Pour lui dire quoi ? S'excuser, lui dire à quel point elle comptait pour lui malgré le mal qu'il lui faisait ? Il ne savait trop, c'était comme si son âme communiquait directement avec celle de Belle sans vouloir transmettre le contenu de la discussion à la partie rationnelle et logique de son cerveau. Un regard entre tristesse et tendresse.

Sa main descendit lentement vers la nuque de Belle en lui effleurant la peau, et son visage commença à se pencher vers elle, comme pour l'embrasser. Mais soudainement il se figea. Il retira brusquement sa main et détourna son visage, comme si il avait honte. Et de fait il entendait à nouveau cette voix malicieuse qui lui répétait des tréfonds de son âme cette question lancinante: qu'as-tu donc fait pour mériter pour mériter une femme pareil ? Belle n'était pas seulement jolie, courageuse, déterminée et d'une grande intelligence, elle avait aussi un cœur en or et une façon de juger les âmes à leur juste malheur tristement rare au sein du genre humain. Elle avait su voir le Bien en lui alors que lui-même n'y croyait pas. Et lui... se comportait comme un être égocentrique et grossier. Mais comment pouvait-il en être autrement, quand c'était la société et l'environnement dans lequel il avait grandit qui l'avait formé à être ainsi ?

-Comment veux-tu que je puisse me reconstruire dans ce monde quand on ne sait même pas pourquoi on y est ? Est-ce que ça ne te hantes pas, de ne pas savoir pourquoi tout ce à quoi on tenait le plus nous a été arraché, un jour, comme ça sans explication ? Après tout ce que nous avons traversé ? Et pour atterrir ici ?

Tout en parlant il n'avait pas osé lever la tête un seul instant, comme pour éviter le regard qu'il devinait accusateur de Belle. Ses poings était serrés. D'un seul coup il se détourna de Belle et se posta devant la fenêtre, droit comme un I, les mains derrière le dos. Son regard était fixé que la rue qui s'étalait devant lui, bouillonnante d'activité. Tel un officier au garde-à-vous. Ses yeux étaient impassible, mais lorsqu'il reprit la parole sa voix était glaciale, et tranchait avec le romantisme dont il venait de faire preuve avec son épouse quelques secondes auparavant à peine. Comme pour ironiser sur la situation, sur le meuble d'à côté se tenait une petite statue en pierre polie de Janus, le dieu romain au double visage.

-Regarde-les, à s'agiter de tous côtés, à marcher tout droit sans même savoir où ils vont. Ils ne s'intéressent qu'à l'argent et aux bénéfices matériels qu'ils vont en retirer, au jour où ils pourront acheter une maison, une voiture plus belle que leur voisin. Au jour où ils pourront enfin séduire une femme blonde, parce que les conventions sociales ont décidés que c'étaient elles les plus belles. Ils se fient aveuglément dans leurs machines et leurs technologies, au point de se fermer les yeux sur le dangers qu'elles représentent et de renoncer à leurs responsabilités. Ils vomissent sur la façon dont se conduisent leurs hommes politiques, sans s'interroger sur le fonctionnement du monde qui les entoure et la façon dont ils pourraient changer eux-mêmes les choses. Et par-dessus tout, ils se persuadent d'être uniques, alors qu'ils rejettent tout ceux qui leurs semblent différent, qui n'obéissent pas aux conventions toutes-puissantes de la société. Je ne peux pas... je n'arrive pas à m'intégrer parmi ces gens-là. Je ne comprend pas comment tu fais pour aller vers eux, qui t'adressent des sourires hypocrites pour se moquer de toi dans ton dos. Souviens-toi du village, de Gaston, de Lefou, de ces triplées dont tu m'as parlé... Ici les apparences sont reines. Je ne me sens pas fait pour ce monde.

Ne me demande pas de renoncer à ma musique, Belle. Elle est la raison qui permet de m'évader, tout en me poussant à avancer. Ca... et toi.

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MessageSujet: Re: Une journée ordinaire, une famille comme les autres * Belle Redrose * Flash-back   Ven 29 Jan - 11:43


Where’s all that happiness ?

Adam & Belle

Comment avions nous pu en arriver là ? Pourquoi nous sommes nous retrouver dans ce cercle vicieux abominable ? Il ne me comprenait pas, je ne le comprenais pas, nous étions deux âmes égarées mais atrocement liées l’une à l’autre. Je ne pouvais pas vivre sans lui et pourtant j’avais l’impression de ne plus pouvoir vivre avec lui. Il y avait l’alcool, son isolement et ce sentiment d’impuissance qui me rongeait. Il m’était impossible de le sauver seulement je ne pouvais pas l’abandonner car cela aurait voulu dire abandonner la meilleure partie de moi.

Adam était très différent de moi, même dans notre monde. Je n’étais pas forcément plus sociable mais mon esprit était un peu plus ouvert. J’avais beaucoup voyagé dans mon enfance, vu autre chose, rencontrer plein de gens. Lui n’avait, finalement, connu que l’isolement dans son château. Alors ce nouveau monde annonçait beaucoup de défis, de difficultés pour nous deux, mais surtout pour lui. J’étais plus optimiste, j’avais plus de facilité à voir le bien dans le cœur des autres. New York était une jungle, les gens n’étaient pas toujours sympathiques et la vie était folle.

Sans compter la frustration de se retrouver ici après toutes nos épreuves, sans comprendre, sans savoir. Quand Adam s’était changé en bête, la menace avait été claire, il savait pourquoi il en était arrivé là et avait une chance de s’en sortir mais là… Là nous étions perdus, inconscients de notre crime et encore moins de la façon de nous en sortir. Une malédiction sans nom et sans visage que rien ne semblait pouvoir détruire. Et il semblait croire que j’avais oublié tout ça, que je ne regrettais pas notre monde. Comment pouvait-il y croire ? J’étais aussi mal que lui à ce niveau là, j’étais juste un peu plus fataliste en décidant de m’y faire le temps de trouver une solution. A quoi bon se lamenter ? A quoi bon se laisser mourir dans cet appartement sans mettre le nez dehors ?

Pendant que je bouillonnais, il s’était approché de moi. Son air était étrangement doux par rapport à notre conversation mais je restais de marbre. L’alcool nous fait faire des choses étranges visiblement alors je me méfiais toujours, de plus en plus même. Délicatement, il posa une de ses mains sur ma nuque mais je ne réagis pas. Même quand sa bouche s’approcha de la mienne, je ne bougeais pas. Je n’avais pas envie de tendresse, pas comme ça, pas quand j’étais aussi énervée. Pensait-il vraiment pouvoir tout arranger avec un baiser ? Heureusement, il se ravisa, ne m’arrachant pas la moindre expression au passage. Mon cœur pourtant était en feu, je ne pouvais pas résister à ses yeux, à son visage d’ange. Il y avait trop d’amour en moi mais aujourd’hui il y avait aussi la colère.

    « Bien sûr que ça me hante ! Comment peux-tu croire un seul instant que je ne regrette pas notre vie d’avant !? Nous étions enfin heureux, nous avions tout ! J’aimerai comprendre pourquoi nous sommes punis de la sorte mais à quoi bon rester là à se lamenter ? C’est sûrement ce que veut la maudite personne qui nous a fait ça ! Nous devons garder la tête haute, faire comme si nous n’en avions cure ! Il ou elle veut nous voir détruit et malheureux et tu lui donne satisfaction, voilà tout ce que tu fais… Je n’aime pas cette ville, ces gens ne sont pas tous gentils mais nous sommes là et il faut faire avec en attendant d’en savoir plus. Et ce n’est pas dans notre salon que tu vas trouver des informations… »

Dis-je, le ton de plus en plus haut sans pourtant crier. Ce n’était pas de moi, je ne criais pas, je ne m’énervais pas. Et pourtant ça me démangeait fortement, j’avais envie de le secouer très fort pour qu’il se réveille, pour que nous sortions enfin de se cauchemar. Et pourtant je restais là, immobile et les poings serrés. Il me faisait mal en pensant que je n’en avais que faire, il me faisait mal en restant là à attendre que la solution nous tombe dessus comme par magie. Nous devions agir, sortir, montrer à notre bourreau que nous n’avions pas peur.

Quand il reprit la parole, sa voix était au moins aussi glacée que mon attitude. Il était à la fenêtre à regarder la ville se réveiller doucement. Comment pouvait-il les haïr à ce point sans même les connaître ? Même quand j’étais au village, même Gaston, je n’ai jamais était aussi mauvaise envers des inconnus. Il y avait une part de bon dans chacun d’entre nous, même si ce n’était pas toujours évident, même avec les faux semblants ! Pourquoi restait-il ainsi, pourquoi se sentait-il aussi mal et ne tentait-il pas de sortir la tête de l’eau ? Je ne pouvais pas le remonter seule, ce n’était pas possible. Tout comme lui, je ne sais pas nager dans ce nouveau monde, nous devrions nous aider et lui nous emmène doucement vers le fond… Et en plus il me croit capable de lui faire quitter la musique ?!

    « Comment peux-tu croire une chose pareille ?! Je n’ai pas l’intention de te forcer à abandonner la musique ! Je sais très bien que c’est important pour toi, que c’est vital. Ce que je ne supporte plus c’est l’alcool, c’est ton attitude envers tout ça. Tu penses vraiment que c’est facile pour moi ? Que c’est une partie de plaisir de faire croire à ce nouveau monde que je suis heureuse et que tout est normal ? Tu ne te demandes même pas ce que je fais de mes journées, tu n’imagines même pas la pression qui pèse sur mes épaules sans avoir à supporter tes frasques abominables. Je comprends que tu te sentes perdu, penses-tu vraiment que ce n’est pas mon cas ? Je me retrouve à la tête d’un magasin, à gérer l’argent de notre ménage. C’est une chance aussi, je te l’accorde, mais j’ai besoin de ton soutien moi aussi. Ils sont faux c’est un compte, ils mentent d’accord mais ça ne m’empêche pas de vivre parce que je n’ai pas le choix. Mourir ici dans la misère c’est laisser gagner notre ennemi. Si c’est ça que tu veux je t’en prie mais je ne me laisserai pas faire. »

Je me pinçais les lèvres alors que les larmes commençaient à perler du coin de mes yeux. Je me détestait de pouvoir être aussi fâchée, ça me torturait de pouvoir être aussi en colère contre cet homme que j'aimais pourtant plus que ma vie. Mon coeur était coupé entre deux sentiments contraire et c'était atroce. Vivement que tout cela se termine, que cette malédiction disparaisse enfin. Mais comment?

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MessageSujet: Re: Une journée ordinaire, une famille comme les autres * Belle Redrose * Flash-back   Dim 7 Fév - 0:03

Les mots de Belle s’abattaient, tranchants tells des lames de rasoir, et lacéraient la belle assurance d’Adam. L’abattement de la jeune femme semblait céder la place à une colère froide, et ses paroles étaient directes et pleines de vérité. « Ce qu’elle est belle quand elle est énervée » pensa malgré lui l’ancien Prince. Il reconnaissait là celle qui lui avait tenu tête lorsqu’il avait voulu la forcer à dîner le premier soir, qui n’avait pas hésité à humilier le coqueluche de son village par un râteau public.

Belle était une femme sensible et passionnée, mais c’était la voix de la raison qui parlait à travers elle. Une raison froide et logique, motivée par l’instinct de survie. Elle portait à bout de bras la survie de leur ménage, elle travaillait à la librairie, elle se chargeait des formalités administratives.

Ce serait mentir que de dire qu’Adam méconnaissait les difficultés matérielles auxquelles leur ménage faisait face. Mais il avait fait le choix, délibéré ou inconscient, de fermer les yeux là-dessus pour ne penser qu’à ses propres problèmes. Une sorte de fuite en avant… qui les mettait en danger tous les deux. A cela s’ajoutait le fait qu’Adam avait toujours compté sur ses domestiques pour faire le ménage, cuisiner, préparer la cheminée… Il était un oisif dans l’âme, dans le fond. Belle était habituée, elle à se travailler et à se battre pour simplement exister.

Sans même qu'il s'en rende compte les poings d'Adam s'étaient serrés. Il était en colère, mais contre qui ? Contre lui-même, contre Belle ? Il se souvenait de cette époque où il lui commandait de venir dîner, et où elle lui résistait, elle était la seule à oser lui dire ses quatre vérités. Aujourd'hui, il ne savait pas comment réagir. Face à l'évidence, son orgueil le poussait néanmoins à ne pas se laisser faire, à se braquer.

Il se retourna vers Belle, et saisit le dossier d'une chaise par les deux mains comme pour éviter de tomber. Ses mains étaient serrées sur la chaise, trahissant la tension qui l'habitait. Ses dents elles aussi étaient serrées, et il semblait avoir toutes les peines du monde pour laisser passer ces paroles

-Très bien, très bien... tu veux que je me batte, que je cesse de m'apitoyer sur mon sort. Soit. Je vais ranger l'appartement, je vais mettre mes affaires en ordre, je serai le petit mari sérieux, responsable, bien conforme aux attentes de ce monde. Je vais laisser de côté ma fierté. Et après ? Est-ce comme ça que nous allons passer toute notre vie ? A toujours penser aux exigences, aux impératifs de la journée, sans prendre le temps de vivre ? Passer notre vie à survivre ?

Se rendait-il compte au fur et à mesure qu'il parlait de sa propre mauvaise foi ? Toujours est-il que le ton d'Adam se mit à faiblir en même temps qu'il parlait.

-C’était toi la jeune fille frêle, et moi la Bête à la puissante carrure faisant plus du double de ta taille… et pourtant tu as toujours été la plus forte de nous deux. Je n'avais jamais travaillé par moi-même ni su me débrouiller avant la malédiction, et pendant ces satanées dix années le monstre en moi m'a fait perdre ce qu'il me restait d'habitudes humaines. Et voilà qu'on me replonge dans un nouvel enfer, qu'on me redemande de tout recommencer à zéro. Toi tu as eu des moments heureux de ta vie auxquels tu pouvais repenser pour te donner courage, pour aller de l'avant. Moi... je n'ai pas cette force.


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Une journée ordinaire, une famille comme les autres * Belle Redrose * Flash-back

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CLOCHETTE FAIRY & JASPER HOWELL & ADAM REDROSE



Nos personnages de Disney sont tous arrivés dans notre monde depuis quelques temps déjà. A peine eurent-t-ils le temps de se remettre de cette aventure que d'étranges phénomènes surviennent : des souvenirs reviennent à la surface, des souvenirs de la vie du personnage du monde réel dans lequel ils ont atterri. Sans compter que parfois, ils n'ont tout simplement plus conscience qu'ils sont des personnages de Disney, leur eux-réel reprenant le dessus ! Nos héros, héroïnes, amis et ennemis s'effacent tout doucement de notre univers. Et leurs merveilleuses histoires avec eux !C'est par ici !